Les faux prêtres de la lignée Thuc, une dérive sédévacantiste
Des ordinations et des doctrines rejetées par le Vatican, quand la rupture mène aux dérives sectaires
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Parmi les crises qui ont marqué l'Église catholique ces dernières décennies, celle des faux prêtres de la lignée Thuc occupe une place particulière. Ils prétendent perpétuer une forme de catholicisme traditionnel, mais leurs ordinations et leurs doctrines sont rejetées par le Vatican. C'est ce qu'on appelle le sédévacantisme.

Exemple de dérive sédévacantiste, les faux prêtres de la lignée Thuc
Leur histoire commence avec Mgr Pierre Martin Ngo Dinh Thuc, un archevêque vietnamien dont le parcours a basculé dans l'hérésie et la schisme. Son cas illustre les dangers d'un traditionalisme déviant, où la rupture avec Rome conduit à des dérives sectaires.
Un prélat vietnamien en exil
Mgr Pierre Martin Ngo Dinh Thuc (1897-1984) fut archevêque de Hué, au Vietnam. Il est le frère de Jean-Baptiste Ngô Đình Diệm, homme d'État vietnamien, Premier ministre de l'État du Viêt Nam de 1954 à 1955, puis président de la république du Viêt Nam de 1955 à 1963, assassiné à Saïgon le 2 novembre 1963.
La chute de Saigon aux mains des communistes en 1975 empêche Mgr Thuc de rentrer au Vietnam. Exilé, il se rapproche de milieux traditionalistes radicaux, notamment en Espagne, où il se lie à des cercles opposés aux réformes de Vatican II. En 1976, il commence à ordonner des prêtres et des évêques sans mandat pontifical, notamment à Palmar de Troya, en Andalousie, un lieu qui deviendra plus tard le foyer de la secte palmarienne.
Ces ordinations sont réalisées contre la volonté de Rome et souvent moyennant finance (simonie). Le 24 mai 1976, Mgr Thuc est excommunié par le Saint-Siège pour avoir ordonné des évêques sans autorisation apostolique. Ses actes, motivés par un rejet radical de l'autorité du pape Paul VI, marquent le début d'une lignée de faux évêques et prêtres, dont les ordinations ne sont pas reconnues par l'Église.
Comme le rappelle le blog « Carnets de réflexion », ces agissements montrent comment un traditionalisme mal compris peut mener à la rupture avec la communion ecclésiale. Les faux prêtres de la lignée Thuc ne seront pas les seuls à tourner le dos à Rome, la dérive sédévacantiste est un phénomène plus large.
À travers le décret sur des ordinations illégitimes de prêtres et d'évêques à El Palmar de Troya, la Congrégation pour la Doctrine de la foi indique le 17 septembre 1976 que ces ordinations sont invalides selon le droit canonique.
Une lignée d'ordinations illégitimes
Les groupes issus des ordinations de Mgr Thuc se caractérisent par leur adhésion au sédévacantisme, une hérésie selon laquelle le Siège apostolique serait vacant depuis la mort de Pie XII (1958) ou le concile Vatican II.
En 1981, Thuc ordonne plusieurs évêques dont M.L. Guérard des Lauriers (antérieurement professeur à l'Université Pontificale du Latran à Rome, puis au Séminaire de la Fraternité St Pie X à Ecône en Suisse) ainsi que Moïse Carmona-Rivera (prêtre diocésain d'Acapulco qui durant des années a célébré la messe traditionnelle pour des groupes de fidèles en différents endroits du Mexique).
Mgr Thuc ordonna également des prêtres sédévacantistes, toujours sans mandat valide. Ces ordinations, réalisées en dehors de toute légitimité canonique, sont nulles aux yeux de l'Église. Les personnes ayant reçu ces ordinations sacerdotales sont donc des laïcs. Le statut de Mgr Thuc est celui d'un évêque excommunié.
Le 25 février 1982, Mgr Thuc signe la déclaration de Munich, dans laquelle il affirme que le Siège apostolique est vacant, rejetant ainsi l'autorité des papes Paul VI, Jean-Paul Ier et Jean-Paul II. Cette position, déjà condamnée par Pie IX en 1873 dans sa bulle contre les vieux-catholiques, place Thuc et ses partisans en état de schisme. Comme le souligne la notification du Cardinal Ratzinger de mars 1983, ces agissements sont gravement contraires à la communion ecclésiale et à l'unité de l'Église.
Des ordinations entachées d'irrégularités
Les évêques ordonnés par Mgr Thuc en 1976 (M.L. Guérard des Lauriers, Moïse Carmona-Rivera, et d'autres) forment le noyau dur du mouvement sédévacantiste. Leurs ordinations, réalisées moyennant finance (simonie), sont nulles selon le droit canon. Ces évêques, bien que se présentant comme les gardiens de la tradition, n'ont en réalité aucune légitimité canonique. Leurs communautés et celles d'autres groupes sédévacantistes plus radicaux les placent en dehors de la communion avec Rome.
Ces faux évêques ont à leur tour ordonné des prêtres, perpétuant une lignée d'ordinations invalides. Comme le rappelle souvent l'émission « L'Antenne des Fidèles », ces groupes, bien qu'ils se réclament du catholicisme, en sont exclus par leurs propres actes. Leur refus de reconnaître l'autorité du pape les place dans une situation de schisme, condamnée par l'Église depuis des siècles.
Un retour in extremis à la communion ecclésiale
En 1984, peu avant sa mort, Mgr Thuc fait amende honorable et se rétracte de ses erreurs. Il reconnaît l'autorité du pape Jean-Paul II et demande pardon pour ses actes. Cette rétractation, bien que tardive, montre que même dans les cas les plus graves, la miséricorde divine et la fidélité à l'Église peuvent prévaloir.
Cependant, ses ordinations antérieures restent invalides, car réalisées en dehors de toute légitimité canonique. Cet épisode rappelle que la communion avec Rome est essentielle pour tout catholique, quel que soit son attachement à la tradition.
Le sédévacantisme poussé à l'extrême
Parmi les figures marquantes du sédévacantisme, l'abbé Anthony Cekada n'appartient pas à la lignée « Thuc ». Ordonné prêtre en 1977 par Mgr Marcel Lefebvre, il a écrit de nombreux ouvrages niant la légitimité des papes modernes et affirmant que l'Église est en vacance apostatique. Ses positions, souvent teintées de complotisme, le placent en marge de la communauté catholique traditionnelle elle-même.
Comme le rappelle souvent Napo dans l'émission « L'Antenne des Fidèles », ces théories sédévacantistes, en plus d'être hérétiques, sont souvent dangereuses pour la foi des fidèles.
La secte palmarienne, fondée à Palmar de Troya, est un autre exemple de dérive. Ce groupe, issu des cercles thucites, va jusqu'à élire son propre pape (sous le nom de Pierre II, puis Grégoire XVII), affirmant que le Siège de Rome est vacant. Ces agissements, condamnés par l'Église, montrent comment le sédévacantisme peut mener à des dérives sectaires, loin de toute légitimité catholique. Il ne suffit pas de porter une soutane pour être prêtre catholique : la communion avec Rome et la fidélité au magistère sont indispensables.
Une condamnation historique du sédévacantisme
Le sédévacantisme n'est pas un phénomène nouveau. Dès 1873, le pape Pie IX avait condamné les erreurs des vieux-catholiques, qui rejetaient son autorité et celle du concile Vatican I. Cette condamnation, toujours valable, s'applique pleinement aux sédévacantistes modernes, qui, comme Adrien Abauzit (un avocat qui défend le sédévacantisme sur Internet et adhère à la théologie de l'abbé Anthony Cekada) portent des jugements téméraires sur la légitimité des papes.
Ces jugements, en plus d'être illégitimes, sont contraires à l'enseignement de l'Église sur l'infaillibilité pontificale et la communion ecclésiale.
Des voix pour la vérité et l'unité
Face à ces dérives, des personnalités comme le Père Olivier Horovitz (prêtre catholique depuis 2007, actuellement vicaire à la paroisse Saint-Roch à Paris) s'engagent pour défendre la vérité catholique et lutter contre le sédévacantisme. À travers ses prédications et ses écrits, il rappelle que l'Église est une, et que la communion avec le pape est un devoir pour tout catholique. Son action, rejoint celle de youtubeurs comme Napo, qui, à travers son émission « L'Antenne des Fidèles », informe les fidèles sur les dangers des dérives schismatiques et l'importance de rester fidèle à Rome.
Leur travail est essentiel pour éclairer les consciences et rappeler que le catholicisme ne se réduit pas à une simple nostalgies du passé, mais qu'il est une foi vivante, ancrée dans la communion avec le successeur de Pierre. C'est dans cette fidélité que réside la véritable tradition, celle qui unit les catholiques de toutes les époques sous l'autorité du pape.
L'histoire de Mgr Thuc et de ses successeurs est un avertissement pour tous les catholiques. Si l'attachement à la tradition est légitime, il ne doit jamais conduire à la rupture avec Rome ou à la désobéissance au magistère. Comme le rappelle le blog « Carnets de réflexion », la vraie tradition est celle qui unit, et non celle qui divise. Les faux prêtres de la lignée Thuc, en se plaçant en dehors de la communion ecclésiale, ont trahi l'essence même du catholicisme : l'unité dans la charité et la vérité.
Dans un monde marqué par les questions sociétales et la déconstruction des repères, il est plus que jamais nécessaire de rester fidèle à l'Église, dans sa plénitude et son unité. C'est le message que portaient déjà les pères du concile Vatican I, et que répètent aujourd'hui des prêtres comme le Père Horovitz ou des youtubeurs comme Napo ou comme Archidiacre : le catholicisme ne peut exister sans Rome.
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Le 17 juin 2026
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