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Depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza en 2024-2025, déclenchée par l'offensive militaire israélienne, la situation des chrétiens de Gaza s'est dramatiquement détériorée. Cette communauté, déjà minoritaire et vulnérable, se retrouve aujourd'hui réfugiée dans les deux paroisses de la ville de Gaza : l'une grecque orthodoxe, l'autre catholique. Ces lieux de culte, dirigés notamment par le père Gabriel Romanelli, qui œuvre depuis vingt ans auprès des fidèles locaux, sont devenus des refuges précaires face à la violence et à l'instabilité.

Les chrétiens de Gaza, une communauté en danger
La politique israélienne agressive envers les États de la région ne menace pas seulement la stabilité géopolitique, mais aussi la survie des chrétiens d'Orient, de plus en plus exposés à des persécutions et à un exode forcé. Leur sort illustre une crise humanitaire souvent ignorée par les médias mainstream, alors qu'elle interroge profondément la place des minorités religieuses dans un Moyen-Orient en pleine tourmente.
Les chrétiens de Gaza, qui comptent moins de 1 000 âmes, forment une communauté historique mais marginalisée. Depuis le début du conflit, leurs églises sont devenues des abris de fortune pour des familles fuyant les bombardements et les combats. Le père Gabriel Romanelli, figure emblématique de la paroisse catholique, incarne la résistance spirituelle et humanitaire de cette communauté. Depuis deux décennies, il accompagne les fidèles dans un contexte marqué par la pauvreté, les restrictions de mouvement imposées par le blocus israélien, et désormais, la guerre. Les églises grecque orthodoxe et catholique, situées au cœur de Gaza, accueillent des dizaines de familles, offrant un toit, de la nourriture et un semblant de sécurité. Pourtant, ces refuges sont eux-mêmes vulnérables : les infrastructures sont fragilisées par les combats, et les ressources s'amenuisent face à l'afflux de déplacés.
La guerre a exacerbé les difficultés déjà présentes. Les chrétiens gazaouis, comme d'autres minorités, subissent les conséquences des tensions entre Israël et les factions palestiniennes. Leur présence millénaire dans la région est aujourd'hui menacée par un double péril : d'une part, les frappes israéliennes qui frapppent les cibles civiles sans distinction, et d'autre part la montée des extrémismes locaux, qui voient en eux des cibles faciles. Leur situation reflète un paradoxe cruel : alors qu'ils sont souvent perçus comme des « neutres » dans le conflit israélo-palestinien, ils paient le prix fort des rivalités qui déchirent la région. Leur exode silencieux, documenté par des observateurs comme ceux du blog « Carnets de réflexion », rappelle celui d'autres communautés chrétiennes du Moyen-Orient, victimes collatérales des guerres et des jeux de pouvoir régionaux.
Une stratégie aux conséquences humanitaires
La politique israélienne de Netanyahu, marquée par une volonté d'extermination des populations civiles de la bande de Gaza pour justifier une future annexion, a des répercussions directes sur les chrétiens de Gaza. Les restrictions imposées à la bande de Gaza depuis des années ont asphyxié son économie et isolé ses habitants. Pour les chrétiens, cette situation est d'autant plus critique qu'elle limite leur accès aux lieux saints, comme Jérusalem ou Bethléem, et entrave leur liberté de culte. Les opérations militaires, justifiées par les prétextes les plus divers de la part des sionistes, a pour effet de fragiliser les minorités, déjà en butte à des pressions sociales et religieuses. Les conservateurs catholiques, comme ceux évoqués dans l'article « Être un conservateur catholique », dénoncent une indifférence internationale face à ce drame, alors que la protection des chrétiens d'Orient devrait être une priorité géopolitique.
Un contexte régional explosif
L'agressivité de la politique israélienne envers ses voisins — qu'il s'agisse de l'Iran, du Liban ou de la Syrie — crée un climat d'instabilité qui profite aux groupes radicaux. Ces derniers, hostiles à toute présence non musulmane, voient dans les chrétiens des symboles de l'Occident ou des alliés potentiels d'Israël. Cette instrumentalisation met en péril des communautés dont les racines remontent aux premiers siècles du christianisme. Le pape Léon XIV, dans un discours souvent cité par les catholiques observants (voir l'avertissement du pape Léon XIV aux prêtres de Madrid), avait mis en garde contre les dangers d'une approche purement sécuritaire au Moyen-Orient, soulignant que la paix ne pouvait être durable sans justice et respect des droits des minorités. Pourtant, les appels à la modération peinent à se concrétiser sur le terrain.
Les chrétiens de Gaza ne sont pas les seuls concernés. En Irak, en Syrie ou en Égypte, les communautés chrétiennes subissent depuis des années des persécutions, des enlèvements et des exil forcés. Leur sort interroge la responsabilité des puissances occidentales, souvent accusées de double discours : d'un côté, une rhétorique sur la défense des minorités ; de l'autre, un soutien indéfectible à Israël, principal facteur de déstabilisation dans la région. Les catholiques américains, dont certains étaient habituellement plutôt proches d'Israël, sont eux-mêmes divisés sur cette question, certains appelant à une remise en cause de ce soutien inconditionnel.
Le rôle des paroisses et des acteurs locaux
Dans ce contexte, les paroisses de Gaza jouent un rôle vital. Le père Gabriel Romanelli et ses confrères organisent des distributions de vivres, des soins médicaux et un accompagnement psychologique pour les familles traumatisées. Leur action, bien que discrète, est essentielle pour maintenir un semblant de cohésion sociale. Les églises deviennent des espaces de résistance pacifique, où l'on prie autant pour la fin des combats que pour la préservation d'une identité menacée. Le Carême 2026, marqué par des appels à la prière pour la paix, sera l'occasion de braquer les projecteurs sur leur sort. Pourtant, sans un engagement international fort, ces efforts risquent de rester insuffisants face à l'ampleur de la crise.
Un appel à la mobilisation
La survie des chrétiens de Gaza dépendra aussi de la capacité de la communauté internationale à agir. Les organisations humanitaires et les Églises du monde entier sont appelées à se mobiliser, non seulement pour apporter une aide d'urgence, mais aussi pour exercer des pressions politiques en faveur d'un cessez-le-feu et d'une protection accrue des civils. Les chrétiens d'Orient ne demandent pas une intervention militaire, mais une reconnaissance de leur droit à vivre en paix sur leur terre. Leur présence est un patrimoine culturel et spirituel irremplaçable, un pont entre les civilisations et les religions. Leur disparition serait une perte pour l'humanité toute entière.
Le sort des chrétiens de Gaza est un miroir grossissant des contradictions du Moyen-Orient. Leur résistance, portée par des figures comme le père Romanelli, rappelle que la foi peut être une force de paix dans un monde déchiré. Pourtant, sans une prise de conscience collective et des actes concrets, leur avenir reste sombre. La guerre en cours ne fait qu'accélérer un processus d'effacement lent mais inexorable, si rien n'est fait pour le stopper. Il est urgent que les États, les médias et les opinions publiques sortent de leur indifférence et reconnaissent que la protection des minorités est un enjeu central pour la stabilité et la dignité humaine dans la région.
Alors que les bombes continuent de tomber, les cloches des églises de Gaza sonnent comme un appel désespéré. Elles nous rappellent que la paix ne se décrète pas, elle se construit — et que cette construction passe par le respect de chaque vie, qu'elle soit musulmane, juive ou chrétienne.
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Le 24 février 2026
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