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En 2019, le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, était condamné en première instance pour non-dénonciation d'agressions sexuelles sur des mineurs, dans le cadre de l'affaire Preynat. Une décision qui avait fait grand bruit, présentée comme une victoire de la justice contre l'omerta de l'Église. Pourtant, cette condamnation fut annulée en appel, puis définitivement rejetée par la Cour de cassation en 2021, faute de preuves solides.

Cardinal Barbarin, quand la gauche médiatique instrumentalise la justice
Pourtant, dès le début, une partie de la presse, et notamment Isabelle de Gaulmyn, alors rédactrice en chef adjointe de La Croix, avait orchestré une campagne médiatique acharnée contre le prélat. Une campagne qui, au-delà de la lutte légitime contre les abus, semblait surtout motivée par un règlement de comptes politique : faire payer à Barbarin son engagement contre le "mariage pour tous" et son rôle de figure de proue de la Manif pour Tous.
Car derrière les apparences d'un combat pour la justice, se cachait une volonté de discréditer un adversaire idéologique, en utilisant l'émotion légitime suscitée par les scandales d'abus pour frapper un homme dont le seul crime était d'avoir défendu la famille traditionnelle.
Isabelle de Gaulmyn, figure respectée du journalisme religieux, a joué un rôle clé dans la diabolisation du cardinal Barbarin. Dès 2016, alors que l'affaire Preynat éclatait, elle a multiplié les articles et les prises de position accusant Barbarin de complicité par silence, voire de couvrir systématiquement les abuseurs. Pourtant les faits étaient bien plus nuancés, comme le blog « Carnets de réflexion » s'efforce de le montrer.
Barbarin avait signalé les agissements de Preynat dès 2015 aux autorités civiles, bien avant que l'affaire n'éclate publiquement. Il n'avait pas la preuve formelle des abus avant cette date, et agissait dans un contexte où la présomption d'innocence aurait dû s'appliquer. Les procédures canoniques étaient en cours, mais la lenteur de la justice ecclésiale (un problème réel) ne pouvait être imputée à Barbarin seul.
Pourtant, Isabelle de Gaulmyn a présenté Barbarin comme un symbole du "système clérical complice", sans jamais nuancer ses propos. Dans La Croix, elle a systématiquement mis en avant les témoignages accusateurs, tout en minimisant les éléments à décharge. Pire, elle a laissé entendre que Barbarin était coupable par principe, simplement parce qu'il était un haut responsable de l'Église.
Cet acharnement médiatique est suspect. Ce qui frappe, c'est en plus l'acharnement personnel contre Barbarin. Alors que d'autres évêques, dans des affaires similaires, bénéficiaient d'un traitement plus nuancé, Barbarin a été systématiquement présenté comme un "monstre froid", indifférent à la souffrance des victimes. Or, ceux qui l'ont connu témoignent d'un homme profondément marqué par ces affaires, et qui a œuvré pour la transparence bien avant que cela ne devienne une obligation médiatique.
La question se pose : pourquoi une telle virulence ? La réponse réside peut-être dans l'engagement politique du cardinal.
Philippe Barbarin n'était pas un prélat comme les autres. Figure de proue de la Manif pour Tous, il avait été l'un des visages les plus médiatisés de l'opposition au "mariage pour tous" en 2013. Son engagement, clairement assumé, en avait fait une cible pour la gauche laïque et progressiste, qui voyait en lui un symbole de l'obscurantisme religieux.
Or, après 2013, la gauche n'a jamais digéré cette mobilisation. Les médias dominants, Libération en tête, mais aussi La Croix sous l'influence de certains rédacteurs, ont systématiquement cherché à discréditer les figures de la Manif pour Tous. Barbarin, en tant que cardinal, était une cible de choix. Son opposition au mariage homosexuel le rendait "politiquement incorrect", son statut d'archevêque de Lyon en faisait une figure médiatique incontournable, son charisme et son éloquence dérangeaient ceux qui voulaient réduire l'Église à une institution silencieuse et soumise.
L'affaire Preynat a donc été l'occasion rêvée pour faire tomber Barbarin. Pas pour les abus en eux-mêmes – car si la gauche s'était vraiment souciée des victimes, elle aurait aussi attaqué les abus dans l'éducation nationale, le sport ou les milieux laïcs – mais parce qu'il représentait ce contre quoi elle combattait depuis 2013 : une Église qui ose résister aux réformes sociétales.
Les attaques contre Barbarin ont ainsi dépassé le cadre judiciaire pour devenir un procès politique. On ne lui reprochait pas seulement d'avoir (peut-être) mal géré une affaire d'abus. On lui reprochait d'être un conservateur, un défenseur de la famille traditionnelle, un opposant au progressisme ambiant.
Le traitement réservé à Barbarin n'est pas un cas isolé. Il s'inscrit dans une tendance plus large de la gauche et des médias à accuser les clercs conservateurs sans preuve, simplement parce qu'ils incarnent une vision du monde qu'elle rejette.
Au final, des accusations faciles mais des preuves rares. Depuis l'affaire Barbarin, plusieurs prêtres ou évêques conservateurs ont été visés par des campagnes médiatiques similaires. Mgr Michel Aupetit, accusé de "complicité" dans une affaire d'abus, alors que les faits remontaient à des décennies et qu'aucune preuve ne le concernait directement. Il a finalement été innocenté, mais après avoir été poussé à la démission. L'abbé de Tanoüarn, figure traditionaliste, est régulièrement accusé sans preuve dans la presse. Le père de Caunes, aumônier étudiant, suspendu sur la base de rumeurs.
Dans tous ces cas, l'accusation suffit. Les médias, comme Libération, Mediapart ou même La Croix sous certaines plumes, relayent les rumeurs sans vérification, et l'opinion publique condamne avant même qu'un tribunal ne se prononce. Le deux poids, deux mesures est flagrant. Ce qui est frappant, c'est le contraste avec le traitement réservé à d'autres institutions. Quand des abus sont révélés dans l'éducation nationale, le sport ou les milieux laïcs, les médias en parlent, mais sans la même frénésie accusatrice. Personne ne demande la démission du ministre de l'Éducation nationale chaque fois qu'un enseignant est condamné pour abus. Pourtant, quand il s'agit d'un évêque, la présomption de culpabilité est immédiate.
Cette asymétrie révèle une volonté de cibler spécifiquement l'Église, et plus particulièrement ses membres les plus conservateurs.
L'affaire Barbarin doit nous faire réfléchir sur trois dérives majeures :
1. La justice médiatique a remplacé la justice tout court. Dans le cas de Barbarin, les médias ont joué le rôle de procureur, juge et bourreau. Isabelle de Gaulmyn et d'autres journalistes ont construit un récit accusateur, puis l'opinion publique a condamné, bien avant que les tribunaux ne se prononcent. Quand la Cour de cassation a finalement innocenté Barbarin, peu de médias ont rectifié le tir avec la même énergie. Le mal était fait : sa réputation était détruite.
2. La gauche utilise la lutte contre les abus pour régler des comptes politiques. Il est légitime de combattre les abus sexuels. Mais quand on se sert de ce combat pour frapper des adversaires idéologiques, on trahit les victimes elles-mêmes. Car si demain, un prêtre progressiste était accusé à tort, qui croirait à son innocence ? La crédibilité de la lutte contre les abus repose sur la justice, pas sur la vengeance.
3. L'Église doit résister à la panique morale. Sous la pression médiatique, certains évêques et supérieurs religieux sacrifient trop vite leurs prêtres. Par peur du scandale, ils préfèrent suspendre un innocent plutôt que de risquer une polémique. Pourtant, la justice exige des preuves, pas des présomptions. L'Église doit protéger les victimes, mais aussi défendre les innocents – sinon, elle devient complice d'un système inique.
Le cardinal Barbarin a été la victime d'une époque où l'accusation vaut condamnation, où la lutte contre les abus est instrumentalisée pour des règlements de comptes politiques, et où certains médias, au lieu d'informer, jugent et condamnent.
Son vrai "crime" n'était pas d'avoir mal géré l'affaire Preynat – les tribunaux l'ont innocenté. Son vrai "crime", aux yeux de ses accusateurs, était d'avoir osé défendre la famille traditionnelle, de s'être opposé au mariage homosexuel, d'avoir été une voix conservatrice dans une France de plus en plus progressiste.
L'affaire Barbarin doit nous servir de leçon. La justice doit passer avant l'émotion, les médias doivent informer (pas condamner), l'Église doit protéger les victimes, mais aussi les innocents.
Car une société où l'on condamne sans preuve n'est plus une démocratie. C'est une dictature de l'opinion.
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Le dimanche 25 janvier 2026
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