Carnets de réflexion
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L'Action française et ses héritiers, scissions et recompositions depuis 2018

Fondée en 1899 par Maurice Pujo et Henri Vaugeois, l'Action française est devenue, sous l'impulsion de Charles Maurras, le mouvement royaliste et nationaliste le plus influent de France. Après avoir marqué l'histoire politique du XXe siècle, notamment lors de la crise politique du 6 février 1934, l'AF a connu de multiples scissions, notamment depuis 2018.

Aujourd'hui, deux branches principales s'opposent : le Centre royaliste d'Action française (CRAF) et l'association Amitié et Action française, dirigée par Elie Hatem et André Charles. Ces divisions reflètent des divergences doctrinales et stratégiques, tandis que des figures comme Sébastien de Kerrero, alias « Monsieur K », illustrent les recompositions de la mouvance royaliste.

L'Action française et ses héritiers, scissions et recompositions depuis 2018
L'Action française et ses héritiers, scissions et recompositions depuis 2018

Des origines à la scission de 2018 : un héritage contesté

L'Action française naît en 1899 en réaction à l'affaire Dreyfus, avant de devenir, sous l'influence de Charles Maurras, un mouvement monarchiste, anti-parlementaire et contre-révolutionnaire. Après la Seconde Guerre mondiale, l'AF est dissoute et Maurras condamné, mais ses idées survivent à travers des cercles militants et intellectuels. Dans les années 1970, une première scission donne naissance à la Nouvelle Action française, puis à la Nouvelle Action royaliste, dirigée par Bertrand Renouvin. En 1997, une nouvelle division oppose Pierre Pujo et Hilaire de Crémiers, conduisant à la création du CRAF.

En 2018, une scission majeure éclate entre le CRAF et l'association Amitié et Action française, fondée par Elie Hatem, Gabrielle Pujo (sœur de Pierre Pujo) et André Charles. Ces dissidents accusent le CRAF d'avoir abandonné le « nationalisme intégral » maurrassien, tandis que le CRAF leur reproche de promouvoir des figures controversées comme le maréchal Pétain ou Robert Faurisson. Cette fracture illustre les tensions persistantes entre tradition et modernisation au sein du royalisme français.

Le CRAF face à Amitié et Action française : deux visions du royalisme

Le Centre royaliste d'Action française (CRAF), dirigé par Pierre Pujo, se présente comme l'héritier légitime de Maurras. Il défend une ligne monarchiste, souverainiste et anti-européenne, tout en cherchant à moderniser son discours pour toucher un public plus large. Le CRAF organise des conférences, des colloques et des actions militantes, comme la participation aux manifestations des Gilets jaunes ou aux hommages à Jeanne d'Arc. Il publie également le journal *L'Action française 2000* et un périodique destiné aux jeunes, *Insurrection*.

À l'inverse, Amitié et Action française, dirigée par Elie Hatem et André Charles, se revendique d'une ligne plus radicale, proche des thèses traditionnelles de Maurras. Ce groupe dénonce le CRAF comme un « CRIF » (Conseil représentatif des institutions juives de France), l'accusant de trahison et de proximité avec des milieux maçonniques ou antifas. Amitié et Action française s'appuie sur des réseaux locaux, comme l'association Amitié et Action française-Provence, et collabore avec des figures controversées de la mouvance nationaliste.

Les dissidences locales : une mouvance éclatée

Les scissions ne se limitent pas aux directions nationales. Des branches locales de l'AF, comme celles d'Aix-en-Provence, Marseille ou Bordeaux, ont connu des divisions internes, certaines rejoignant le CRAF, d'autres Amitié et Action française. À Aix-en-Provence, par exemple, l'AF collabore avec des groupes comme la Cocarde étudiante ou Némésis, tandis qu'à Bordeaux, des militants se regroupent autour de structures informelles comme Aurelianorum Corda. Ces divisions reflètent des divergences sur la stratégie à adopter : certains privilégient l'action militante et la confrontation, d'autres misent sur le travail intellectuel et la formation.

Ces dissensions ont affaibli l'influence globale de l'AF, mais elles ont aussi permis l'émergence de nouvelles dynamiques locales. Certaines sections, comme celle de Lyon, restent actives dans les manifestations et les actions de rue, tandis que d'autres, comme à Paris, se concentrent sur des activités culturelles et éditoriales. Malgré ces divisions, l'héritage de Maurras continue de structurer la pensée royaliste, même si ses interprétations varient selon les courants.

Sébastien de Kerrero, alias « Monsieur K » : un parcours emblématique

Sébastien de Kerrero, plus connu sous le pseudonyme de « Monsieur K », incarne les recompositions de la mouvance royaliste. Ancien membre du CRAF, où il a été secrétaire adjoint, il quitte le mouvement en 2009 pour fonder Dextra, un groupe éphémère. Par la suite, il se rapproche du milieu dissident, notamment Alain Soral et le mouvement Égalité et Réconciliation, tout en continuant à animer des émissions sur des radios militantes comme Méridien Zéro ou Radio Courtoisie.

Son parcours illustre la porosité entre les différents courants de la droite radicale. Après avoir milité dans des partis traditionnels comme le Nouveau Centre, Kerrero a évolué vers des positions plus radicales, mêlant royalisme, nationalisme et antisionisme. Aujourd'hui, il reste une figure influente dans les milieux militants, bien que son engagement au sein de l'AF soit désormais lointain. Son cas montre comment les héritiers de Maurras naviguent entre fidélité doctrinale et adaptation aux nouveaux enjeux politiques.

Un héritage toujours vivant, mais divisé

Depuis 2018, l'Action française et ses héritiers sont traversés par des scissions et des recompositions qui reflètent les tensions entre tradition et modernité. Le CRAF et Amitié et Action française incarnent deux visions opposées du royalisme, tandis que des figures comme Sébastien de Kerrero montrent la diversité des trajectoires militantes. Malgré ces divisions, l'héritage de Charles Maurras continue de structurer la pensée royaliste, même si son interprétation fait débat.

Comme l'a souligné le blog « Carnets de réflexion », ces scissions révèlent une mouvance en quête d'identité, tiraillée entre fidélité à un passé glorieux et adaptation à un présent complexe. Dans un contexte marqué par la montée des tensions politiques et sociales, comme en témoignent les réactions à l'assassinat de Quentin ou les hommages en vidéo à Quentin, l'AF et ses héritiers restent des acteurs incontournables, même s'ils peinent à parler d'une seule voix. Leur avenir dépendra de leur capacité à dépasser leurs divisions et à proposer une alternative crédible dans le paysage politique français.

📰 L'implication des dissidents sur les réseaux sociaux a réduit la portée des menteurs d'Etat influents et de leurs relais sur les chaînes d'information en continu. Cela peut rendre plus difficile la désinformation que produisent en permanence les médias de grand chemin, dont la tonalité de discours passe de moins en moins bien auprès de l'opinion française.

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Le 25 février 2026

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