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La question des abus sexuels dans l'Église catholique est l'une des plaies les plus profondes et les plus honteuses de son histoire récente. Personne ne peut nier la souffrance des victimes, ni l'urgence de la justice et de la réparation. Pourtant, la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église (CIASE), créée en 2018 sous l'impulsion de la Conférence des évêques de France, soulève des interrogations légitimes chez de nombreux fidèles. Un sujet que mes « Carnets de réflexion » se devait d'aborder.
Si son objectif affiché – faire la lumière sur les crimes commis et protéger les victimes – est noble et nécessaire, ses méthodes, ses conclusions et ses orientations idéologiques méritent un examen critique.

La CIASE, dérive idéologique ou outil nécessaire pour purifier l'Église ?
Car derrière une apparente volonté de transparence se cachent des biais politiques, une vision réductrice de l'Église et des risques réels de déstabilisation de l'institution elle-même.
La CIASE a été présentée comme une instance "indépendante", chargée d'enquêter sur les abus sexuels dans l'Église depuis les années 1950. Pourtant, sa composition et ses travaux ont rapidement suscité des craintes chez les catholiques conservateurs.
D'entrée de jeu, la commission a été critiquée pour son déséquilibre idéologique. Parmi ses membres, on trouve des personnalités ouvertement hostiles à l'enseignement traditionnel de l'Église, comme Jean-Marc Sauvé, son président, proche des milieux progressistes, ou Isabelle Aubry, présidente de l'association La Parole libérée, connue pour ses positions radicales sur la laïcité et la remise en cause de la structure hiérarchique de l'Église. Or, comment peut-on prétendre à l'objectivité quand certains commissaires ont déjà exprimé des jugements sévères sur la doctrine catholique, notamment en matière de sexualité et de cléricalisme ?
De plus la CIASE a élargi son mandat bien au-delà des abus sexuels, s'attaquant à des questions comme le célibat des prêtres, la confession, ou même la théologie du corps. Dans son rapport final, publié en octobre 2021, elle va jusqu'à remettre en cause des dogmes fondamentaux, comme la confession individuelle ou la discipline sacerdotale, sous prétexte de "prévenir les abus". Une démarche qui frise l'instrumentalisation politique : sous couvert de protéger les victimes, on en profite pour saper les fondements mêmes de la foi catholique.
Le rapport de la CIASE avance le chiffre de 216 000 victimes d'abus dans l'Église depuis 1950. Un nombre effrayant, mais aussi contestable. Les critères utilisés pour établir cette estimation sont flous : on y mélange abus avérés, présomptions et témoignages non vérifiés. Pire, la commission a exclu toute comparaison avec d'autres institutions (éducation nationale, mouvements de jeunesse, familles), donnant l'impression d'une volonté de cibler spécifiquement l'Église, comme si elle était le seul lieu où de tels crimes avaient été commis.
Cette approche sélective pose question : pourquoi une telle focalisation sur l'Église, alors que d'autres milieux (sport, médias, politique) sont tout aussi touchés par les abus ? Pourquoi ne pas avoir mené une enquête similaire sur l'ensemble de la société française ? La réponse est simple : l'Église est une cible facile, une institution dont la moralité est sans cesse scrutée, jugée et condamnée selon des standards bien plus stricts que ceux appliqués aux autres.
Le vrai problème de la CIASE, ce n'est pas qu'elle dénonce des crimes – c'est légitime et nécessaire – mais qu'elle profite de la crise pour imposer une révolution culturelle au sein de l'Église.
Le rapport préconise, entre autres, de revoir la discipline du célibat des prêtres, d'autoriser l'ordination des femmes, et de réformer en profondeur la formation des séminaristes. Or, ces propositions relèvent davantage d'un agenda progressiste que d'une véritable réponse aux abus. Aucune étude sérieuse ne prouve que le célibat est un facteur d'abus (les pays protestants, où les prêtres peuvent se marier, ne sont pas épargnés). En revanche, affaiblir la discipline sacerdotale, c'est risquer de fragiliser encore davantage une Église déjà en crise.
De même, la CIASE suggère de supprimer le secret de la confession pour les cas d'abus, une mesure qui violerait le sacrement et placerait les prêtres dans une position impossible : trahir la confiance d'un pénitent ou enfreindre la loi civile. Une telle proposition montre bien que certains membres de la commission veulent profiter de la crise pour imposer des réformes doctrinales que l'Église a toujours rejetées.
Le rapport décrit l'Église comme une structure systématiquement complice, où la hiérarchie aurait "couvert" les abuseurs par "cléricalisme". Pourtant, les archives montrent que la plupart des cas remontent aux années 1960-1980, une période où la société toute entière minimisait ces crimes (y compris dans les familles ou les écoles). Pourquoi l'Église serait-elle la seule responsable ?
Par ailleurs, la CIASE ignore largement les efforts déjà engagés par l'Église pour lutter contre les abus : création de cellules d'écoute, formation des prêtres, collaboration avec la justice. Depuis 2000, les protocoles se sont durcis, et les cas d'abus ont fortement diminué. Mais ces progrès sont passés sous silence, comme si seule une refonte radicale de l'Église pouvait suffire – une refonte qui, étrangement, ressemble étrangement aux revendications des milieux anti-cléricaux.
Le plus grand danger de la CIASE, c'est de jeter le discrédit sur l'ensemble de l'institution et de décourager les vocations. En présentant l'Église comme un repaire de prédateurs, on risque de détourner les fidèles de la pratique et de démoraliser les prêtres honnêtes, qui se sentent aujourd'hui regardés avec suspicion.
Pire, certaines propositions – comme la laïcisation forcée des prêtres accusés sans preuve ou la remise en cause de l'autorité épiscopale – pourraient aggraver les divisions au sein du clergé. Déjà, des évêques conservateurs, comme Mgr Viganò ou Mgr Schneider, ont dénoncé une manipulation idéologique, où la lutte contre les abus servirait de prétexte pour imposer un agenda politique.
Les conclusions de la CIASE ont été reprises en chœur par une presse largement hostile à l'Église, qui y voit une occasion de discréditer définitivement le catholicisme traditionnel. Des médias comme Le Monde ou Libération ont salué le rapport comme une "révolution nécessaire", sans jamais interroger ses biais. Pourtant, si l'Église doit être jugée, qu'on le fasse avec justice et équilibre, et non en exploitant la souffrance des victimes pour faire avancer une agenda politique.
Personne ne peut nier l'horreur des abus sexuels dans l'Église. Les victimes méritent réparation, justice et écoute. Mais la réponse ne peut pas être une destruction systématique de la tradition catholique sous prétexte de modernité. Une lutte contre les abus, oui – une révolution doctrinale, non ! Il est possible de combattre les abus sans renoncer à la foi. Voici ce que les catholiques conservateurs proposent :
• Renforcer les procédures de signalement et collaborer pleinement avec la justice.
• Sanctionner sévèrement les coupables, y compris les évêques négligents.
• Protéger les victimes sans tomber dans la chasse aux sorcières contre les prêtres innocents.
• Rejeter les réformes idéologiques (ordination des femmes, fin du célibat) qui n'ont aucun lien avec la prévention des abus.
• Défendre la beauté de la prêtrise et rappeler que la majorité écrasante des prêtres sont des hommes dévoués et intègres.
• Ne pas laisser les ennemis de l'Église dicter sa réforme
La CIASE a fait un travail utile en révélant l'ampleur des abus. Mais ses dérives idéologiques et son manque de neutralité en font un outil dangereux pour l'avenir de l'Église. Les fidèles doivent exiger la vérité, mais aussi résister aux tentatives de déconstruction de leur foi.
La crise des abus est une épreuve douloureuse, mais aussi une occasion de purification. Cependant, cette purification ne peut pas passer par l'acceptation d'un programme qui vise à transformer l'Église en une simple ONG humanitaire, vidée de son mystère et de sa tradition.
Les catholiques conservateurs doivent reconnaître les fautes du passé, mais aussi défendre avec fermeté ce qui fait l'identité de l'Église : sa doctrine, ses sacrements, sa hiérarchie. La CIASE a révélé des crimes odieux, mais ses propositions les plus radicales doivent être rejetées avec vigueur.
Car au fond, le vrai scandale n'est pas seulement les abus – c'est aussi l'exploitation de ces abus pour affaiblir l'Église de l'intérieur. Et ça, aucun fidèle ne peut l'accepter.
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Le 26 janvier 2026
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