Chantal Delsol, une pensée conservatrice catholique face aux défis de la modernité
Philosophe de l'Académie des sciences morales et politiques, une voix influente du conservatisme
A lire
Aux États-Unis, le vote religieux a longtemps été un facteur clé des élections, comme en témoigne l'influence déterminante des catholiques conservateurs comme Charlie Kirk dans l'accession de Donald Trump à la présidence. Le vice-président américain, JD Vance, est lui-même un catholique engagé. Il ne faut pas négliger par ailleurs l'importance des pentecôtistes.
En France, la dimension religieuse reste un angle mort des analyses électorales, alors même que les élections municipales des 15 et 22 mars 2026 approchent et que la présidentielle de 2027 se prépare déjà. Le blog « Carnets de réflexion » ne pouvait pas ignorer la question du facteur religieux, qui s'impose de plus en plus comme une clé de lecture essentielle des recompositions politiques en cours.

Les catholiques zombies détiennent-ils l'avenir du pays ?
La question de la religion comme variable électorale consitue un vrai tabou français, contrairement à ce qu'on observe aux Etats-Unis. Cet article est l'occasion de revenir sur ce point.
Si les partis politiques affichent une volonté d'adresser un message universel à tous les Français, la réalité électorale est bien différente. Les scrutins montrent une France profondément segmentée, où chaque force politique mobilise des sociologies bien précises : jeunesse urbaine, classes populaires de la France périphérique, retraités aisés... Pourtant, une variable reste souvent ignorée, voire taboue : l'appartenance religieuse.
L'appartenance religieuse, nouvelle variable-clé ?
Les données disponibles suggèrent que la religion structure de plus en plus les comportements politiques, en particulier à l'échelle locale, où les municipales servent souvent de laboratoire avant les grandes échéances nationales. Plusieurs enquêtes ont mis en lumière une société française fragmentée, où les croyances et les pratiques religieuses redessinent les lignes de fracture politique. Les municipales de 2026 serviront-elles de laboratoire aux recompositions électorales ?
Le concept de « catholiques zombies » vient du sociologue Emmanuel Todd, analysant les réactions après l'attentat ismaliste contre le journal Charlie Hebdo le 7 janvier 2015, avec le slogan « Je suis Charlie ». Le « catholicisme zombie » appelé aussi post-catholicisme renvoie à une frange de l'électorat catholique qui, bien que moins pratiquante, conserve une identité culturelle et morale fortement marquée par son héritage religieux.
Ces électeurs, souvent silencieux ou discrets, pourraient jouer un rôle décisif dans les prochains scrutins. Leur vote, traditionnellement ancré à droite, est aujourd'hui tiraillé entre un attachement aux valeurs conservatrices et un rejet croissant des partis établis, perçus comme trop éloignés de leurs préoccupations. Leur mobilisation — ou leur abstention — pourrait bien devenir un enjeu majeur des élections à venir, d'autant que leur poids démographique reste significatif, même dans une France sécularisée.
Stratégies électorales et recompositions religieuses
La France insoumise a opéré un virage vers l'électorat musulman dès 2019, avec une stratégie clientéliste marquée par la participation à des manifestations contre la prétendue « islamophobie », une défense de l'islam politique et une tolérance envers certains discours antisémites. Les événements du 7 octobre 2023 ont accéléré cette dynamique, révélant les lignes de fracture au sein de la gauche. À l'inverse, le vote juif, historiquement ancré à gauche, se déplace vers la droite conservatrice, comme en témoignent les scores élevés d'Éric Zemmour dans certains bureaux de votes majoritairement juifs. On nnotera que ce sujet est peu commenté dans le débat public.
Les catholiques, quant à eux, occupent une place singulière dans cette recomposition. Leur comportement électoral varie fortement selon le degré de pratique religieuse : les pratiquants réguliers restent méfiants vis-à-vis du Rassemblement national, tandis que les « zombies » — ces catholiques culturels, moins engagés dans la pratique mais attachés à une certaine vision de la société — pourraient basculer en fonction des enjeux culturels et identitaires.
Leur rôle apparaît aujourd'hui fragile, menacé par les tensions internes au catholicisme, le sentiment d'un effacement progressif de leur influence dans l'espace public, et une défiance croissante envers les partis traditionnels. Les élections municipales de 2026 pourraient bien révéler l'ampleur de ce basculement vers le RN ou Reconquête!.
Un débat à ouvrir
À partir de données électorales et d'études de terrain, il y a matière à s'interroger sur l'existence d'un vote des croyants et son traitement dans le débat public. On sait que le religieux redevient un enjeu politique majeur. Ainsi aux États-Unis, le vote religieux a été un levier puissant pour les Républicains, notamment grâce à l'alliance entre les pentecôtistes et une partie des catholiques conservateurs. Cette mobilisation a permis à Donald Trump de s'imposer en 2016, puis de maintenir son influence malgré les polémiques.
En France, un phénomène similaire à celui des Etats-Unis pourrait émerger, même si les dynamiques sont différentes. Les stratégies de ciblage des électeurs croyants, qu'ils soient musulmans, juifs ou catholiques, se multiplient, mais restent souvent discrètes, voire dissimulées. Alors que le religieux redevient un enjeu politique majeur, les prochains scrutins locaux offriront une première réponse à cette question : les catholiques « zombies » sont-ils condamnés à errer entre les partis, ou détiennent-ils, au contraire, une partie de l'avenir politique du pays ?
📰 Face aux propos délirants de l'extrême-gauche, la prise de conscience d'un nombre croissant de catholiques observants se propage de façon virale, en ricochant des simples usagers individuels de médias sociaux vers les chaînes dissidentes. Tout de même me direz-vous, il est temps que la prise de conscience se fasse.
➽ Revenir à la page des articles de réinformation pour d'autres contenus. Quelques articles à connaître également : Les catholiques, une minorité en France, Fraternité Saint-Pie X et communautés Ecclesia Dei, quelles différences ?, Les catholiques conservateurs face à la possible rupture entre Rome et la FSSPX, S'agenouiller à la messe, un geste de foi entre tradition et modernité, Hommage national à Charlie Kirk.
Le 4 février 2026
Pour entrer en contact avec moi, cliquez ici.
Philosophe de l'Académie des sciences morales et politiques, une voix influente du conservatisme
A lire
Depuis plusieurs années, un phénomène de fond traverse les sociétés occidentales
A lire
Une synthèse rare entre innovation technologique et réflexion théologique catholique
A lire
La critique porte sur la primauté du bien commun et la conception de la personne humaine, sans glissement vers l'individualisme
A lire
Figure influente du catholicisme du XXe siècle, il a joué un rôle clé lors du concile Vatican II (1962-1965)
A lire
L'affaire ne se résume pas à un scandale de trafic sexuel ou à une série d'abus isolés
A lire
Des échanges surprenants entre le financier américain et plusieurs personnalités françaises
A lire
Des différences canoniques et doctrinales majeures, une même spiritualité traditionnelle
A lire
L'électorat catholique, même moins pratiquant, conserve une identité culturelle et morale forte
A lire
Doit-on se réjouir d'une clarification qui pourrait mettre fin aux ambiguïtés?
A lire
Un geste liturgique essentiel lié à la reconnaissance de la présence réelle du Christ dans l'Eucharistie
A lire
Rouages d'un système où menaces, harcèlement, purges et dérive idéologique sont monnaie courante
A lire
Avec des personnalités comme Amalek, Monsieur K et Grégor Ovitch, ce qu'on appelle la chiassidence
A lire
Où se trouve le Prieuré de Sion? Un mystère toujours vivant, la recherche d'une vérité cachée
A lire